22 janvier 2020

Combattre le bruit dans les espaces de travail, un challenge exigeant…mais essentiel

cloisons acoustiques bureaux

Bien que l’évolution technologique nous promette des espaces intérieurs toujours mieux isolés et plus confortables, le bruit demeure la nuisance n°1 dans nos bureaux et open space. Combattre le bruit dans les espaces de travail, un challenge pour les établissements scolaires, les open space dans les entreprises ou encore les restaurants.

Plusieurs raisons à cela :

Une réglementation peu exigeante pour les espaces tertiaires :
  • Alors que l’isolation thermique est devenue incontournable dans les bâtiments neufs du fait des réglementations successives ( la prochaine devant entrer en vigueur en 2020 oblige même à ne pas consommer plus d’énergie qu’on n’en produit . Voir article décret terciaire ), l’isolation acoustique reste le parent pauvre de la construction : ceci d’autant que la réglementation, en l’occurence le Code du Travail, fixe des seuils de bruit maximaux bien adaptés pour une exposition en milieu industriel, mais rarement atteints dans les espaces tertiaires ( 85 dB suivant une exposition quotidienne). Le législateur s’attache ainsi à limiter le risque « direct » sur la santé des employés, alors que des expositions moyennes à 65-70 dB que l’on peut retrouver dans des open spaces, des salles d’accueil, si elles ne créent pas de risque de perte auditive, génèrent une perte de concentration, du stress, une fatigue auditive porteur d’arrêts de travail de longue durée si la situation n’est pas améliorée.
  • Aussi, alors que des technologies performantes existent, elles ne sont que peu mises en oeuvre du fait des surcoûts générés qu’aucune économie d’exploitation ne vient compenser, contrairement à ce que peut apporter la technologie LED pour l’éclairage ou la gestion centralisée pour le chauffage par exemple. Autant le plafond est souvent traité sur la plan acoustique, autant les parois, le sol et les mobiliers ne font souvent malheureusement pas l’objet d’une attention particulière.

 

Dans l’existant, peu de diagnostics professionnels, des solutions souvent empiriques à l’efficacité non garantie:

Un diagnostic acoustique professionnel suivi de recommandations et faisant l’objet de garanties chiffrées est possible, mais il est en général très onéreux, du fait du coût élevé des matériels de mesure et des logiciels de calcul nécessaires pour réaliser l’audit et les préconisations. A titre d’exemple, le fameux test de réverbération, qui mesure la prolongation du son lié à la composition et l’agencement des parois d’un local, pour révéler les problèmes d’isolation, coûte excessivement cher. Et comme il n’y a pas d’obligation réglementaire de « remise à niveau » de l’existant, très peu de décideurs sont finalement prêts à payer « pour voir », le coût des solutions d’amélioration ne pouvant pas être présumé avant la réalisation de l’étude.

Aussi, la profession des experts acousticiens indépendants, qui se caractérise par un nombre faible de structures malgré des besoins  immenses, concentre ses missions dans les bâtiments où le bruit est inhérent à l’activité et induit des conditions de pénibilité critiques pour la santé des travailleurs, comme l’industrie, le bâtiment et les travaux publics. Elle y trouve une audience soutenue de la part des décideurs du fait de l’obligation de respecter la loi.

Dans le secteur tertiaire, le problème reste souvent latent alors même que 1 collaborateur sur 2 est insatisfait de l’ambiance sonore (suivant l’enquête JNA Journées Nationales de l’Audition réalisée avec l’IFOP).

Heureusement, des solutions de premier niveau existent et tendent à se multiplier, citons quelques unes d’entre elles dans l’ordre croissant de budget :

  • des oreillettes ou casques filtrants, d’un confort très variable et dont le port n’est pas toujours bien supporté
  • la pose décrans de séparation sur les bureaux (cloisonnettes)
  • la mise en oeuvre de claustras, panneaux ou cloisons acoustiques pour bureaux

Cependant, et pour autant qu’elles puissent apporter le sentiment que la pénibilité est prise en considération par l’employeur, ces solutions si elles sont mises en oeuvre de façon arbitraire et sans prêter attention à l’organisation du travail ne font qu’apporter un « pansement » au lieu de traiter la racine du mal : assez rapidement malheureusement, leurs effets positifs tendent à s’estomper.

 

Repenser l’organisation du travail et impliquer les salariés : la clef de réussite d’un projet acoustique

A l’installation dans les locaux, l’organisation du travail prend rarement en compte les problèmes de nuisances sonores, les personnels étant généralement regroupés par service, par type de fonction, ou aussi par affinités lorsque ceux-ci ont pu choisir leur bureau et collègues de proximité.

Pourtant, la diversité des activités, des rythmes de travail, la sensibilité différente de chacun au bruit impliquerait de mener une approche fine impliquant les utilisateurs pour trouver l’aménagement adéquat, où quitte à réserver une partie des espaces à des « bulles » ou espaces de confidentialité où il est possible de s’isoler pour téléphoner, se concentrer sur une tâche importante etc.

Si la réglementation ne rentre pas dans le détail des activités, en revanche une norme « NF S31-199 » éditée par l’AFNOR en 2016 et dédiée à l’acoustique des open spaces introduit de façon intéressante la segmentation des exigences d’atténuation du bruit par type de tâche, partant du constat que les sources de nuisances sonores sont perçues de façon très différente au sein d’un bureau ouvert.

Ainsi, les conversations perçues de façon intelligible ainsi que les sonneries de téléphone sont les nuisances de loin jugées comme les plus gênantes,  devant les conservations non intelligibles, les passages de collaborateurs et les bruits de fond liés aux équipements.

La norme distingue de ce fait les activités entraînant une utilisation intensive du téléphone, comme les call centers ou les fonctions de type commercial, les activités peu collaboratives (administration), les activités collaboratives (service conception, marketing..) et enfin des activités mixtes mêlant travail de bureau et fonction d’accueil (de public).

Même si cette segmentation ne rend pas intégralement compte de la diversité des tâches exercées dans les entreprises, elle a le mérite d’être applicable dans une grande partie des configurations.

Dès lors, nous devons adopter des mesures de bon sens, par exemple :

  1. Eviter de placer les bureaux et open space à proximité de zones de fort passage (entrée, couloirs connectant des points stratégiques), pour limiter les pics de bruit lorsque les collaborateurs travaillent

  2. Créer des salles de réunion suffisamment bien isolées à l’extérieur, pour ne pas troubler la concentration des collaborateurs qui ne participent pas à la réunion

  3. Aménager des espaces de concentration, pour y passer des appels au calme, ou pour se poser calmement autour de son projet. Les cabines acoustiques, par exemple, constituent d’excellents mobiliers acoustiques.

  4. Isoler les équipes qui par nature émettent des niveaux sonores élevés : les commerciaux au téléphone, les référents RH souvent sollicités en interne. Analysez vos équipes pour éviter de placer des fonctions nécessitant une concentration élevée près de pôles où la dimension sociale et humaine est importante.

cloisons acoustique bureaux

En repensant l’aménagement des bureaux ou open space afin de prendre en compte l’espace nécessaire à chaque employé, il sera possible non seulement de réduire le bruit mais aussi de le rendre plus « acceptable » à condition d’associer les collaborateurs à la démarche d’ensemble. En effet, amener ceux-ci à une meilleure compréhension de leur environnement de travail et de leurs besoins mutuels constitue la clef pour rendre les relations de travail plus harmonieuses.

Le  principal écueil de cette démarche participative sera la façon de bien organiser et gérer les échanges collectifs,  la tentation pouvant être grande pour certains de désigner un ou plusieurs collègues bavards ou irrespectueux comme responsables du mal-être ambiant – avec des conséquences à coup sûr contre-productives.

Il sera impératif pour les organisations de veiller à l’implication des managers et leur formation le cas échéant pour emmener les équipes vers un meilleur-vivre ensemble, qui passe nécessairement par l’établissement de règles communes pour accompagner efficacement et durablement les améliorations techniques proposées.

En conclusion, une réduction concrète du bruit et des nuisances sonores dans les bureaux et open space passe par la mise en oeuvre d’un projet exigeant. Celui-ci exige des compétences à la fois techniques, esthétiques, organisationnelles et manageriales pour susciter engagement et adhésion des collaborateurs à la démarche, autour de solutions techniques apportant une amélioration sensible.

 

Le rôle de BLOOM INSIDE est de fournir l’expertise technique adéquate pour proposer des solutions concrètes d’amélioration.

Aussi, notre souhait est de vous apporter des réponses fonctionnelles, esthétiques et ergonomiques pour l’isolation acoustique de vos locaux. Contactez-nous !

Vous pouvez également nous exposer votre projet, ou nous appeler directement au 04 69 96 18 11.

 

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